Un TGV d’essai déraille, faisant 11 morts5 min read

Le 14 novembre 2015, un TGV d’essai déraille lors d’un essai en survitesse. Le bilan est de 11 morts et 42 blessés.

La LGV Est européenne est une voie TGV ayant pour but de relier Paris à Strasbourg en 1h50. La première phase des travaux, terminée en 2007, à permis de relier Paris à Baudrecourt. La deuxième phase commence au même et moment doit prolonger la voie jusque Strasbourg, pour une longueur de 106 km. Strasbourg sera alors à 1h48 de Paris, au lieu de 2h20.
L’étude dure jusqu’en 2010, puis les travaux commencent. Ils se terminent le 31 mars 2015 1.

LGV Est européenne - 2ème phase

Les essais de la lignent commencent en septembre 2015. Le train doit effectuer 200 allers-retours sur la ligne à une vitesse augmentant progressivement de 160 km/h à 352 km/h, soit 10% de plus que la vitesse commerciale prévue. Si tout se passe bien, la ligne entrera en service le 3 avril 2016 2.

Le 14 novembre vers 14h30, le TGV d’essai s’engage sur la voie rapide pour commencer le tout dernier essai en survitesse. Dans le train, il y a des techniciens participant aux essais, mais aussi des invités qui n’ont aucun rapport avec les tests, dont des enfants. Il y a notamment sept personnes dans la cabine du conducteur, au lieu des quatre prévues. À ce sujet, le président de la SNCF Guillaume Pepy a déclaré : « [Ce] n’est pas une pratique que la SNCF reconnaît. Un train de test est un train de test. ». Pourtant il semble que ça soit loin d’être inhabituel.

Pour permettre au train de dépasser la vitesse normale de la ligne, conformément au protocole de test, plusieurs sécurités sont désactivées.

Le TGV déraille trente minutes après le début des tests à hauteur de la commune d’Eckwersheim, en Alsace. La motrice et six voitures terminent leur course en bas d’un talus. Deux voitures et la motrice arrière terminent dans un canal 3. Les secours mis en place sont très importants : près de 300 pompiers et plus de 100 véhicules de secours 4. La tâche est compliquée par l’absence de liste précise des passagers.

Tgv déraillé

Le jour même de l’accident, plusieurs médias parlent de la vitesse excessive du TGV à l’entrée de la courbe 5 6. Pourtant, à ce moment là le conducteur nie tout excès de vitesse 7 et la SNCF refuse de se prononcer tant que les boîtes noires n’ont pas été étudiées 8.

Il faut aLe trajet de TGV avant l’accidentttendre le 19 novembre pour que la thèse de la vitesse soient officiellement abordée par les enquêteurs. Le train a atteint une vitesse de 352 km/h sur la voie d’essai, conformément au protocole de test 9. Ensuite il devait ralentir pour passer un virage à 176 km/h. Mais il l’a abordé à 265 km/h. D’après les enquêteurs le train a commencé à freine onze secondes trop tard. La raison du retard au freinage est encore floue. Les enquêteurs remarquent quand même qu’il y avait sept personnes dans la cabine du TVG au lieu des quatre prévues, ce qui aurait pu déconcentrer le conducteur 10.

Il faut attendre plusieurs moi pour en savoir plus sur la raison du retard au freinage.
Sur le trajet aller, le TGV a freiné en 2 km au lieu des 4 km prévus. le supérieur hiérarchique du conducteur du train lui a alors demandé de freiner 1 km plus tard lors du retour. Ça correspond aux onze secondes de retard constatées lors de l’enquête 11 Cette décision est incompréhensible, d’autant plus que trois jours avant, lors d’un précédent test, le TVG était passé tout près de l’accident au même endroit. Le conducteur avait commencé à freiner au bon moment mais il a eu du mal à atteindre la bonne vitesse. Cette information, qui aurait pu éviter le déraillement, n’est pas remontée jusqu’au chef d’essai 12.
Le résultat de l’enquête est parfois contesté. La boîte noire du TGV est restée longtemps sur le site de l’accident et a été retrouvée sans son scellé. Certaines personnes pensent que ses données ont pu être modifiées à l’insu des enquêteurs 13.

Au niveau judiciaire, trois employés de la SNCF et d’une de ses filiales sont mis en examen le 12 octobre 2016, dont le conducteur du train. L’enquête a mis en avant la mauvais organisation des essais, leur manque de rigueur et le non respect du règlement 14 15.

Comme à son habitude, la SNCF a publié un rapport exemplaire sur les circonstances de l’accident 16.