Lancement de Free Mobile

Le 10 janvier 2012, Free organise une conférence de presse pour l’ouverture de son réseau de téléphonie mobile. Elle est remarquée grâce à ses tarifs, particulièrement agressifs 1 :

  • un forfait « tout compris » (appels et SMS illimités, internet illimité avec un bridage au-delà de 3Go par mois, mais MMS exclus) pour 19,99€ par mois
  • un forfait à 2€ par mois incluant 60 minutes de communication et 60 SMS

Logo de Free Mobile

Les prix passent respectivement à 15,99€ par mois et 0€ par mois pour les clients internet de Free.

Le marché de la téléphonie mobile est de fait un oligopole. C’est une contrainte liée à la physique. Les bandes de fréquences utilisables sont limitées, donc le nombre d’opérateurs l’est également. L’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) est une autorité administrative indépendante ayant pour rôle, entre autres, de gérer la bonne utilisation des fréquences, afin de faire jouer la concurrence et de ne léser personne 2.

Avant l’arrivée de Free Mobile, le marché était réparti sur trois opérateurs : Orange, SFR et Bouygues Télécom. Ces entreprises étaient les seules à pouvoir déployer des antennes-relais.
Afin de favoriser la concurrence, ces opérateurs avaient l’obligation de revendre en gros du temps de communication aux MVNO (opérateur de réseau mobile virtuel) qui en faisaient la demande.

Cette situation a quand même abouti à une entente sur les prix. Les trois opérateurs ont été condamnés à la plus grosse amende jamais prononcée en France 3.

Dans ces conditions, l’attribution de la licence à un quatrième opérateur a été très tendue. Nicolas Sarkozy y a fait une totale obstruction. François Fillon a dû faire passer les décrets dans son dos, profitant même de son malaise vagal 4.

Une fois le décret signé, Free a jusqu’au 12 janvier 2012 pour couvrir au moins 27% de la population de France métropolitaine et lancer son offre commerciale. Ces objectifs sont largement atteins 5. Free dispose d’un accord d’itinérance avec Orange pour ses abonnés se trouvant en dehors de sa couverture réseau.

Un an plus tard, Free Mobile dispose d’au moins 4 p;millions d’abonnés et a complètement modifié la téléphonie mobile en France. Les prix des forfaits mobiles ont été divisés par cinq en moins d’un an 6.

Au niveau de la qualité de service, les appels téléphoniques sont au même niveaux que les concurrents. Cependant, la 3G fonctionne beaucoup moins bien, surtout lorsque le téléphone mobile est en itinérance 7.

Faillite de SeaFrance

Le logo de SeaFranceLe 3 Janvier 2013, l’avenir SeaFrance doit se jouer devant le tribunal de commerce de Paris. SeaFrance était une compagnie maritime assurant des liaisons entre la France et l’Angleterre. Elle était détenue à 100% par la SNCF 1.

Les déboires de SeaFrance commencent en 2008. Un commissaire aux comptes signale à plusieurs reprises ses doutes quant au chiffre d’affaires des ventes à bord, et prévient le procureur de la République de Paris. Finalement, pour des raisons pratiques, c’est le tribunal de Lille qui se charge de l’enquête pour des vols commis en bande organiée 2.

L’enquête se focalise sur la CFDT maritime Nord. Elle révèle que l’organisation syndicale est le véritable maître de l’entreprise, et est responsable, entre autres 3 :

  • d’emplois partiellements fictifs
  • de fraude à la sécurité sociale
  • de vol organisé
  • de trafic de cigarettes
  • de fraudes financières du comité d’entreprise
  • de menaces de mort
  • de violences envers une policières

La direction nationale de la CFDT, déjà en guerre contre eux, décide de les lâcher 4.

La CFDT maritime Nord, bien qu’à l’origine des déboires financiers de SeaFrance, propose la reprise de la compagnie par les anciens employés, réunis sous forme d’une SCOP. Elle fait obstruction à tous les autres dossiers de reprise.

Après plusieurs reports, le tribunal de commerce décide d’attribuer les bateaux de SeaFrance à Eurotunnel, qui pourra les louer à une SCOP fondée par d’anciens employés de SeaFrance 5.

La SNCF, maison mère de SeaFrance, propose de reclasser tous les salariés, à conditions qu’ils acceptent une mobilité géographique et un changement de métier 6.

Tuerie à Liège

Le 13 décembre 2011, un homme fait 5 morts et 125 blessés à Liège, à l’aide de grenades et d’un fusil d’assault.

Vue de l’emplacement du tireur, place Saint-Lambert

Vers 12h30, place Saint-Lambert, à Lièges, Nordine Armani, un homme de 33 ans, fait exploser trois grenades au niveau de plusieurs arrêts de bus, et ouvre le feu sur la foule à l’aide du fusil d’assault. Il fait cinq  morts et 125 blessés, avant de se suicider. La police découvre plus tard le corps d’une sixième victime dans un hangar appartenant à Nordine Armani. C’était la femme de ménage de ses voisins, qui a été tuée dans la matinée 1.
La confusion dans la ville est totale. De nombreuses rumeurs, parfois contradictoire, font état de plusieurs tireurs embusqués, et d’une évasion du palais de justice, jusque en début d’après-midi. La police n’étant souvent pas plus informée que les passants, a préféré ne pas prendre de risque et a demandé aux gens de se réfugier dans les bâtiments 2.

Le tireur, Nordine Armani, 33 ans, belge d’origine marocaine, était connu des services de police et avait déjà été condamné une vingtaine de fois. Il avait notamment été condamné en 2008 à cinq ans et demi de prison pour possession d’armes sans permis. Les policiers avaient trouvés dans sa maison 2 800 pieds de canabis, 9 500 pièces détachées d’artillerie, et une dizaine d’armes de guerre, dont un lance-roquettes, un A-47 et un fusil à lunette. Il avait été libéré sous caution en octobre 2010. Nordine Amrani était convoqué le jour de la tuerie, à 13h, au tribunal suite à une plainte pour attouchements 3.

L’enquête suite à la tuerie va très vite. La place Saint-Lambert est réouvert dès le lendemain 4.

Assassinat de Agnès Marin à Chambon-sur-Lignon

Le corps calciné d’une adolescente est retrouvé le 19 novembre 2011 vers 20h30, à 5 km de Chambon-sur-Lignon, en Auvergne. C’est un lycéen, placé en garde à vue deux jours plus tôt, qui a indiqué aux gendarmes l’emplacement du corps 1, qu’il indique comme étant celui de Agnès Marin. Son identité est confirmée quelques jours plus tard.

Agnès Marin

Agnès Marin était une adolescente de 14 ans qui fréquentait le collège Cévenol, en classe de troisième. Elle n’est pas rentrées de la sortie libre du mercredi après-midi. Les gendarmes mettent alors en œuvre d’important moyens pour sa recherche et diffusent un avis de recherche 2.
Lors de l’enquête, les gendarmes arrêtent un jeun homme de 17 ans. C’est la dernière personne à avoir vu Agnès Marin en vie, et il est déjà connu des services de police. De plus, il présente des griffures au visage.
Il avoue avoir violé puis tué Agnès Marin.

La presse nationale ne parle pratiquement pas de la disparition en elle-même. C’est le passé de l’assassin présumé qui fait la une des journaux.
Il est déjà en attente de jugement pour une autre agression sexuelle, en août 2009.

La mère d’Agnès Marin déclare que le collège Cévenol avait fait une grosse erreur en acceptant le meurtrier présumé dans l’établissement 3. Son grand-père va même jusqu’à dire que le directeur du lycée est complice d’assassinat, accusant même le meurtrier présumé d’être de la graine de nazi 4.
Au moment des faits, le meurtrier présumé n’avait encore jamais été condamné, pour aucun motif. De plus, son passé n’était pas connu par la direction du collège Cévenol.

Côté politique, Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa ne fait pratiquement aucun commentaire sur l’affaire, contrairement à d’habitude, sans doute pour ne pas se mettre les juges à dos à l’approche des élections présidentielles.
Ses ministres, par contre, promettent de nombreuses lois pour lutter contre la récidive, alors que le meurtrier présumé n’est pas récidiviste, et qu’une loi similaire avait été votée trois mois plus tôt.
Claude Guéant (ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration) et Michel Mercier (Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés) souhaitent que la loi permette à la justice et à l’éducation d’échanger leurs informations dans ce genre de cas, ce que la loi permets depuis 2007 5.
Aucune de ces lois ne sera votée.

Le siège de Charlie Hebdo est incendié

Charia HebdoLe 31 octobre l’équipe de Charlie Hebdo présente la une à paraître le 2 novembre, dont le rédacteur en chef est Mahomet.

La une fait polémique, mais ce n’est pas une première pour le journal. Il avait déjà publié des caricatures de Mahomet, en 2006, reprises précédemment de France Soir, suite au licenciement de président et directeur de la publication. Il n’y avait cependant jamais eu de représailles sérieuses.

Mais cette fois-ci, le siège de Charlie Hebdo est incendié au cocktail molotov, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2011, vers deux heures du matin. Les dégats sont très importants, et les locaux sont totalement inutilisables.

Le siège de Charlieanbsp;Hebdo incendié

Le site internet du journal est également piraté, sans que de lien de soit établi avec l’incendie. Il s’agissait très probablement de l’action de deux groups distincts.

L’ensemble de la classe politique se déclare indignée de ce qu’il s’est passé.

Le journal libération héberge Charlie Hebdo pendant quelques semaines, le temps de retrouver des locaux 1.

La prefecture de police de Paris et les policiers antiterroristes n’ont pas jugés utiles de mieux protéger le siège de Charlie Hebdo, en partie à cause du manque d’effectifs, de nombreux agents sécurisant le G20 à Cannes. La pose d’une caméra thermique, afin de faciliter la surveillance du bâtiment, était prévue le lendemain de l’incendie. Lorsque Charlie Hebdo est hébergé par libération, le directeur du renseignement à la préfecture de police de Paris proposere une protection non permanent au journal, faute de moyens 2.

L’enquête aboutit à l’arrestation de cinq personnes, dont un membre de la Ligue de Défense Juive 3.


  1. «Charlie Hebdo» incendié, Guéant dénonce un «attentat»
  2. Les flics ont raté « Charlie » (Le Canard Enchaîné n°4750 du 9 novembre 2011)
  3. La LDJ derrière l’attentat de Charlie Hebdo ?